Rechercher
  • Matthieu Barbereau

Un petit frère au manifeste agile

Dernier petit né de la collection Rupture Douce, le #5 a pour vocation de remettre le doigt sur les fondements de l'agilité. L'occasion pour moi de contribuer à travers le partage d'une version (parmi d'autres) de ce à quoi pourrait ressembler le fameux manifeste agile, avec en fil conducteur mes expériences passées dans l'accompagnement des équipes et organisations :


Un petit frère du manifeste


Connaissez-vous le manifeste agile ? Cet écrit mettant en avant les individus et leurs interactions au-dessus plus que… tout autre chose.

Non ? Alors je vous invite à aller voir par ici : agilemanifesto.org/iso/fr/manifesto.html.

Oui ? Top ! Avez-vous déjà essayé d’en écrire un ? Basé sur vos expériences, vos retours du terrain ? C’est l’exercice auquel je me suis prêté récemment et que je vais vous partager dans les lignes suivantes.


Comment on crée un manifeste ?


J’ai profité des 10 ans d’Agile Tour Rennes en cette année 2018 pour faire une rétrospective de 10 ans de vie commune avec l’agilité. Un travail rétrospectif très intéressant qui me permet de faire un bilan sur ce que j’ai pu voir, faire et d’essayer de définir où nous en sommes arrivés avec ce « truc » qu’est l’agilité. Hors de question pour moi de banaliser ou réduire l’agilité en la traitant de « truc ». Simplement aujourd’hui, faites le tour des entreprises qui ont touché de près ou de loin à l’agilité et essayez d’en tirer une seule définition. Ça risque d’être compliqué.


Plein de belles choses ont été faites. Des réussites brillantes, des personnes révélées, des innovations techniques, organisationnelles et managériales. Et par endroit (souvent en fait), reste un petit goût de dénaturation de l’intention originale de ce petit bout de papier (qui a fini sur un site internet) qu’est le manifeste agile.


Cette intention, je la respecte et la met en avant. Elle me permet de partager avec les personnes que j’accompagne que l’agilité est un changement, non pas de forme, mais de convictions, d’organisation de communication. Et que les méthodes…vous aurez le temps de les apprendre à les maîtriser après.


Mais revenons à l’essentiel, les personnes qui travaillent au sein des entreprises, des équipes. Et revenons à cette conférence.

En la préparant, je me suis pris à faire l’exercice de réécrire une version du manifeste. Non pas que l’originale ne soit pas bonne, bien au contraire. Mais si des années de pratiques permettaient d’enrichir ce manifeste d’un petit frère (parmi tant d’autres possibles), à quoi pourrait-il ressembler ?


A ça par exemple :


« qu’est ce qu’on veut réaliser? » et « que peut-on mettre en œuvre pour y arriver ?» plus que « comment déployer une méthode ? »

comment optimiser notre boucle de feedback (organisationnelle et technique) plus que pousser au plus loin nos pratiques

(r)éveiller le désir plus que essayer de convaincre

renforcer les compétences plus que délivrer le plus de choses possible


Les éléments en bas apportent de la valeur

Cependant il est important de mettre en avant ceux du haut


J’ai volontairement gardé l’organisation « type » du manifeste agile avec la mise en avant de certaines valeurs plus que d’autres sans chercher à les opposer.


On rentre dans le détail ?


« qu’est ce qu’on veut réaliser? » et « que peut-on mettre en œuvre pour y arriver ?»

plus que

comment déployer une méthode ?


Les méthodes (ou frameworks, appelez-les comme vous voulez) ne sont pas inutiles bien au contraire. Bien souvent elles offrent un cadre propice à la communication, aident à l’organisation du travail d’un groupe, fournissent des outils et des pratiques qui vont permettre de fluidifier le travail, amplifier la valeur produite, mettre en avant les dysfonctionnements et tant d’autres choses… Cependant une méthode quelle qu’elle soit ne peut pas ou ne doit pas être un objectif, ni être le fil conducteur du changement que vous souhaitez insuffler. J’encourage donc les personnes à partager ce qu’elles veulent réaliser. L’approche Solution Focus[1] est plus qu‘intéressante pour ça.


comment optimiser notre boucle de feedback (orga et technique) plus que pousser au plus loin nos pratiques


J’ai été content de réentendre plusieurs personnes remettre en avant certaines pratiques d’eXtreme Programming[2]. Un des aspects mis en avant par Kent Beck et ses acolytes est de pousser à l’extrême les pratiques si on pense qu’elles sont efficaces.

Évidemment, mon conseil va aller dans ce sens : abusez des bonnes pratiques ! Cependant si vous ne vous donnez pas les boucles de feedback nécessaires, comment pouvez-vous vous assurez que vous êtes dans la bonne direction ? Changer, c’est remettre en cause ses convictions. C’est tout l’intérêt des pratiques telles que la rétrospective[3], les itérations courtes, les échanges face à face.

En créant des boucles de feedback régulières, quels seraient vos meilleurs espoirs ? Qu’espéreriez-vous créer ? Par quoi commenceriez-vous ?


(r)éveiller le désir

plus que

essayer de convaincre


Quel est le gros défaut des passionnés ? Des personnes qui veulent faire bouger les choses ? Eh bien c’est de croire qu’il suffit de croire très fort à quelque chose pour convaincre le reste de l’organisation à y croire. Hors si l’être humain est propice au changement, il apprécie moins d’être changé. Citons en exemple Antoine de St Exupéry et sa fameuse phrase qui résume très bien tout ceci :

« Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer. »


renforcer les compétences

plus que

délivrer le plus de choses possible


Bien souvent, des personnes mettent en avant (entre autres) parmi leurs attentes dans l’adoption de pratiques agiles, l’intérêt de pouvoir délivrer plus tôt, plus fréquemment des incréments de valeur permettant de répondre aux attentes des utilisateurs. L’intention est louable et a du sens. L’accent est donc mis sur la préparation des items à réaliser, leur découpage et leur enrichissement par les bonnes spécifications, utiles aux réalisateurs des items.

En revanche quelle est la valeur créée si tout ce qu’on livre n’est pas au niveau de qualité attendu. Que se passe-t-il si l’effort n’est pas mis sur des pratiques d’ingénierie, sur la maîtrise de son environnement de réalisation et de livraison ?


Pour aller plus loin


Vous me voyez venir… Et oui, je vous invite à faire le jeu : qu’est-ce que des années de pratique (agile ou non) vont permettent de mettre en avant dans votre environnement ? Quelles valeurs souhaiteriez-vous mettre en avant? Avec l’espoir de provoquer quel impact sur votre environnement si vous le partagiez?



98 vues

Restons connectés

  • KoKan sur Twitter
  • KoKan sur linkedIn

Contactez-nous

+33 (0)6.71.24.64.66

+33 (0)6.70.92.24.49